Histoire de France Nature Environnement Centre-Val de Loire

 

bocage Perche JLP A partir de 1990 : un temps d'institutionalisation

Interrogations (1990-1994)

Beaucoup de « naturalistes » s'étaient transformés en militants ligériens, d'autres ne se retrouvaient pas dans ce combat pour la Loire. La période 1990-1994 est un temps où l'on se cherche, où l'on découvre des thématiques nouvelles (Air, Energie, Déchets, ...), tout en gardant un œil sur la Loire. Le Président de l'époque, Bernard ROUSSEAU, annonce son départ en février 1991. Il devient administrateur de France Nature Environnement, puis Président de mars 1999 à décembre 2004. Un directeur est alors embauché à Nature Centre pour piloter les projets et coordonner les actions de la fédération.

Le plan Loire Grandeur Nature (1994)

L'Etat et l'EPALA co-signent le Plan Loire Grandeur Nature (1994-2000), qui représente un tournant dans l'histoire du fleuve. Si un volet hydraulique subsiste, il n'est plus question de chercher à « dompter » la Loire. Le Plan 2 (2000-2006), portant la marque de Dominique Voynet, mettra l'accent sur la reconquête des milieux naturels.

Après un échec en 1999, la Loire est finalement inscrite au Patrimoine de l'Humanité le 30 novembre 2000, lors d'une assemblée de l'UNESCO à Cairns (Australie). Le rôle joué par les défenseurs de la Loire a été reconnu par la remise du prix Goldman de l'environnement en 1992 à Christine Jean. Nature Centre, ses militants et ses salariés y ont largement contribué.

 Le conservatoire régional du patrimoine naturel

Conservatoire

Fin 1980, la région Centre est la seule région à ne pas posséder un conservatoire régional du patrimoine naturel. Suite à une sollicitation des « créateurs » du 1er conservatoire (en Alsace), Nature Centre s'implique et décide de « porter » le projet et de créer le conservatoire. Le but est d'acheter ou de louer, et de gérer des espaces naturels, réputés pour leurs qualités biologiques ou esthétiques.

Une structure indépendante est créée, qui assure la gestion de l'ensemble.

La Région finance les frais de lancement. C'est la première fois que Nature Centre perçoit de l'argent du Conseil Régional. Fin novembre 1989 se tient le premier congrès de la Fédération des conservatoires régionaux. Une réunion constitutive du conservatoire de la région Centre a lieu le 27 octobre 1990. L'inauguration officielle se déroule en 1991. L'île de la Folie, à Chaumont-sur-Loire, sera le premier achat du conservatoire.

 La Conférence régionale de l’environnement

La même année 1991, la région crée sa propre Direction de l’Environnement. Daniel Muselet, ancien président de Nature Centre, en est le premier directeur et il a pour projet  de constituer une assemblée tripartite (1/3 d’élus, 1/3 d’associations, 1/3 de personnes qualifiées) qui guiderait la politique de la région en matière d’environnement. Le Préfet soutient l'initiative mais pose comme conditions de faire vivre la coordination des associations à l’intérieur de la structure pour avoir des positions construites cohérentes et avoir des moyens pour mener les actions.  Une politique contractuelle voit le jour et révolutionne la façon de gérer les fonds publics.

Nature Centre se voit proposer des « contrats verts » par la Région : réalisation d’études, chantiers sur le terrain, actions pédagogiques en direction du public ou des scolaires en constituent le menu.

Partenaire de l'Etat

En ce début des années 90, deux nouvelles structures voient le jour : la Direction Régionale de l'Environnement (DIREN) et la Direction Régionale de l'Industrie, de la Recherche et l'Environnement (DRIRE). Ces nouveaux acteurs sont appelés bien souvent à prendre des décisions, et les écologistes se positionnent en partenaires à même d'apporter une expertise technique. Nature Centre apprend ainsi à s'institutionnaliser, en s'asseyant dans les commissions, au milieu des fonctionnaires de l'Etat, où elle est censée apporter son expertise technique, mais elle a parfois du mal à se faire entendre lorsque certains lobbys sont en jeu (agriculture, chasse, ...).

 

L’affaire de Charenton

De 1994 à 1996, Nature Centre participe à l'élaboration du plan régional des déchets spéciaux avec la DRIRE. Il s'agit de s'impliquer dans la rédaction de ce plan, d'étudier notamment l'implantation d'un « centre de stockage de déchets ultimes stabilisés » (CSDUS) dans la région Centre. Il y a 6 groupes de travail à la DRIRE, et Nature Centre est présente dans tous les groupes.Decharge Sauvage

Un partenariat avec la société France Déchets sera formalisé le 29 avril 1996 par une convention pour 3 ans incluant une participation financière en échange de laquelle Nature Centre s'engage à mener des actions de sensibilisation sur les déchets auprès du public dans la région. C'est la première fois que Nature Centre se lie à une société privée. Une polémique naît autour d'un projet de création de centre à Charenton dans le Cher par France déchets. Nature Centre se retrouve en porte-à-faux et son « indépendance » est mise en doute. La convention avec France Déchets est finalement dénoncée le 15 décembre 1997.


Le lien Santé / Environnement

La loi votée en 1996 reconnaît à chacun le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé, et oblige toute agglomération de plus de 100.000 habitants à mesurer le niveau de pollution. En 2000, la loi sera étendue à l'ensemble du territoire.
Nature Centre participe à la création de LIG'AIR, le 27 novembre 1996, constituée sous forme associative et mandatée pour assurer la surveillance de la qualité de l'air dans la région. Ciel avec Nuages 2

Nature Centre réalise une « Expo Air » qui fera, par la suite, le tour de tous les réseaux en France.
A partir de 1999, Nature Centre est particulièrement active dans l'élaboration du Plan Régional sur la Qualité de l'Air (PRQA) et innove en introduisant la notion du risque sanitaire.
La fédération est également à l'origine d'une étude épidémiologique, présentée en 2006, traitant de l'impact de l'ozone sur les personnes souffrant d'insuffisance respiratoire : une première en France.
Sur la question des pesticides, qui polluent l'atmosphère, Nature Centre a aussi une attitude pionnière. Dans le Centre, des études menées sur les eaux de pluie confirment l'inquiétante teneur et les pesticides d'origine agricole sont en ligne de mire.
A partir de 2003, Nature Centre intervient dans la préparation des Plans de Protection de l'Atmosphère (PPA) et insiste pour que le réchauffement climatique et la prise en compte des émissions de CO2 y soient intégrés.

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